
MUSIQUE

De Velours et D'Ombres - Philippe Naman
Démo
Textes
De velours et d’ombres
Et si je sens le matin qui s’étire,
Comme un instinct de félin à te dire tout,
Que l’ombre gagne le monde au dehors, c’est bien
Qu’il s’agit de nous, même si j’en veux encore !
Amour,
Qui ne doute pas ?
Un jour,
Nous reviendra.
Et ces promesses que l’on tient maintenant,
Si elles filaient, ne tenant finalement
À rien d’écris, ni d’encré sur nos corps ; Ces mots,
Cette peinture à l’eau qui tangue un peu plus fort !
Amour,
Qui ne doute pas ?
Un jour,
Nous reviendra.
Amour, allons au pas,
Ce monde, un jour, nous ira…
Amour,
Qui ne doute pas ?
Un jour,
Nous reviendra.
Velours une nouvelle fois,
L’amour nous lovera.
© Philippe Naman
Le sable au corps
Vous et moi, c’est un fait, sommes en délicatesse :
Scènes à la carte, désagréments au long cours
De nos menus rapports - ceux dont j’ai la faiblesse
Croire en avoir soupé plus souvent qu’à mon tour.
Dites mon corps, qu’allez-vous m’inventer encore ?
D’autres, plus que moi-même, sont en mauvaise posture,
Crevant de vous passer vos défauts de structure,
Ou de n’avoir d’égards, encore moins de transports,
A jeter à la face du désir constrictor.
Refrain :
Dites mon corps,
Qu’allez-vous m’inventer en(core)?
Pourrions-nous trouver un a(ccord), Ni mineur, ni Hard ?
Dites consort,
Qu’allez-vous m’imposer en(core) ?
Pourrions-nous ne point mettre, à tort, Cette histoire d’inamour, à (lors) ?
Horlogerie capricieuse, mécanisme fragile,
Impérieuse diva au tic-tac rétractile ;
Lors que je vous nourris, vous protège et vous soigne,
Rôde un mauvais Timing, et toujours nous éloigne.
Pourquoi donc, ne pas vivre en bonne intelligence ?
Un franc déséquilibre et ce serait parfait :
Je vous ignore, poli, le temps de l’existence,
Vous me laissez tranquille, et finirez d’un trait !
Refrain
Vous êtes de ces artistes acharnés et sauvages,
Dont les plaques marbrées, du pourpre au mordoré,
Dessinent à loisir, sur ma peau paysage,
Les tâches impressionnistes et les traits forcenés.
Des voûtes aux trachées, des lobes aux gencives,
Le long des tendons souples, au cœur de nos salives ;
Le carnage, en possible, partout vient se loger ;
Des graines de nos ruines, vous l’hôte maraîcher.
Refrain
© Philippe Naman
Aux 2 vents
Je navigue à vue
Sur des flots imprévus
Et mouvants
Je fuis devant le temps
Je peine et louvoie
Incliné comme un mât
De beaupré
Le compas affolé
Je sais les enjeux
Bien encrés en ces lieux
Qu’obnubilent
Les souffrances inutiles
Aveuglé, tâchant
De prendre les devants
De me battre
Je me disperse aux quatre
Refrain :
Faut-il longtemps qu’en chemin
Je m’épuise à contresens,
Pour qu’un jour j’en vienne enfin
A me donner une chance ?
A tout prix, à tort,
Restant seul maître à bord
Sans partage
Je lutte sans équipage
Et soustrait au monde
Je laisse en eau profonde
Toute leur place
Aux couleurs en surface
Refrain
L’ardeur dévoyée
Je refuse les données
Et m’oppose
A toutes jolies choses
De ces utopies
J’arpenterai à vie
Les écueils
A moins d’en faire le deuil
Refrain
© Philippe Naman
L’emprise
Je vois dans les fibres des rhizomes
Tous les fondements arrachés,
Jusqu’aux canines des mômes
Et leur facies démontés.
Je vois les perfusions ratées
De toutes ces gardes trop longues,
Les labyrinthes empruntés
Aux mauvais chemins de ronde.
Je vois la nature ulcérée
A ce que les moissons nous donnent,
Et dans ce ciel éclaté
Voilà le verdict qui tonne !
Refrain :
Elle n’a pas ce sentiment
C’est comme ça, je l’entends…
Elle n’a pas ce sentiment
Pour moi, seulement.
Je vois les rencontres mal saluées
Aux regards caves qui nous sondent
En lance-pierres aiguisés,
Aux premiers signes de fronde.
Je vois les influences câblées
Sous des fluides immondes,
De nouvelles modes valser
A l’agonie des courtes ondes.
Je vois les chantiers qui terrassent,
Je vois (je vois) les plastrons déifiés,
Le dégénéré du chien de race,
Et voilà (voilà) que l’horreur a sonné !
Refrain
Seulement je vogue sous l’emprise
D’une aile rogue à robe grise,
De hurlements le long des grèves,
Sans que les vents ne se soulèvent !
Même s’il n’est rien à ajouter,
Plus rien à voir qui m’étonne,
D’une justice négligée,
Voilà (que) la sentence résonne !
Refrain
© Philippe Naman
Les époques (Extrait)
Ces deux-là se soutiennent au-dessus de l’eau,
C’est de là pourtant qu’elle provient, de là-haut…
Interdits, dominants, au sommet d’une colline,
Le contrefort joyeux contredisant leur mine.
Faire la paire pour s’enfoncer à deux,
Fondre sur les hauts pics, ou la honte en épieu,
Intensément, sourds, les coupables se regardent,
Mais le blanc de leurs yeux n’est pas bonne sauvegarde…
Les tapages du vent dans leurs plis oripeaux
Assourdissent une chute à casser de l’oiseau !
La terre, comme un chagrin, ravale ses enfants,
Puis les recrache au loin comme flammes d’argent…
Et cette grive-là, aux mitaines étroites,
Qui priait que finisse sa torture d’Ithaque,
Sous des coups de butoir, nourrissait son martyr
D’exhalaisons béates, en rêvant de partir…
Il attendra longtemps, son chat, au pied du lit,
Puis, mangera la perruche, tout de go, sans permis,
Et de la mort au rat pour que tout finisse bien…
Sycophantes ingrats, aux fauves, n’y connaissent rien !
Elle en restera là des idées de voyage,
Triomphante victime d’idéaux de partage,
Et, agonisera seule, sous les arcs électriques
De machines volantes aux couleurs de brique…
© Philippe Naman
L'autre héritage
C’est comme un manteau que l’on a,
Qui contient bien plus que soi,
Qui défend ou bien qui ploie ;
Ce barda
Protège ou étouffe selon les cas.
C’est comme un lignage de rois,
Un aréopage de choix,
Un aréopage
Qui fera
Un fou ou un sage selon les cas.
Refrain :
On joue des coudes en charriant des poids
Dont la plupart ne nous reviennent pas,
Et le chanter, c’est sûr,
C’est se heurter à tous les toi(t)s !
Et je t’entends déjà :
« Qu’est-ce qu’il lui prend ? Mais enfin, qu’est-ce qu’il a ? »
Et moi de tout reprendre une nouvelle fois,
Pensant fendre l’armure,
Sans que jamais tu n’y sois.
C’est une brute qu’on nous flanqua,
Aveugle et sourde à la fois ;
Cruel et sûr magistrat
Une furia,
Qui sauve ou achève selon les cas.
C’est une chausse qu’on nous passa,
Aussi vrai que le cœur bat,
Qui dès nos premiers arias
Inspira
Désir ou dégoût selon les cas.
Refrain
On joue […]
Et moi de tout reprendre une nouvelle fois,
Pensant fendre ce mur,
Sans que jamais tu n’y vois
De vieilles peurs,
Sous les sourires amènes,
Menant des pleurs
Aux profondeurs
De nos Géhennes ;
Saintes horreurs
Que le déni déchaine,
Charroi des heures :
Sottes torpeurs qui rassérènent !
Tu sais, le sang que l’on a
Chargé de trop d’agrégats,
Appelle le sang malgré moi…
Que tout soit exempt
De reproches,
D’apitoiement,
Mais que la vérité nous rapproche !
Refrain
On joue […]
Et moi de tout reprendre une nouvelle fois,
Pour créer l’embrasure
Et pour qu’enfin tu y sois.
© Philippe Naman


